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Les principaux partis disent vouloir sortir davantage de logements du marché privé, mais les engagements concrets pour lutter contre l’inabordabilité se font attendre

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Moins de 2 semaines après le début de la campagne électorale, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) souligne que pour la première fois, presque tous les partis s’entendent sur l’objectif que le logement social, sans but lucratif atteigne 20 % du parc locatif, mais vu le flou persistant dans le langage utilisé, le regroupement craint que les retombées ne soient pas au rendez-vous.

Alors que l’abordabilité du logement se détériore rapidement au Québec, le FRAPRU souligne que cette perspective peut contribuer à s’attaquer à la crise si et seulement s’il s’agit de logements réellement accessibles financièrement. Depuis 20 ans, les membres du FRAPRU travaillent dans cet objectif.  Il est nécessaire pour mieux répondre aux besoins des locataires ignorés par le marché privé. Le FRAPRU et ses membres, tout comme plusieurs autres organisations du milieu de l’habitation communautaire et sociale se sont entendus sur cet objectif.  Le logement social et communautaire doit atteindre au moins 20% du parc locatif. Plus récemment, en 2024, lors de journées d’étude sur le logement social et communautaire, un très large consensus a émergé dans différents milieux qu’il fallait travailler collectivement dans l’objectif d’atteindre cette cible en 15 ans.

Lors d’un récent débat électoral en habitation, les 4 partis représentés (CAQ, PLQ, PQ et QS) ont pris pris position en faveur d’une telle cible d’ici 2050. Or, jusqu’ici aucun parti n’a utilisé le même langage pour désigner le type de logements qu’il souhaite voir occuper une plus grande part du parc locatif. “Social et communautaire”,”sans but lucratif” ou “hors-marché” ont été employés. Dans le contexte actuel, vu les modifications récentes apportées par le gouvernement caquiste aux programmes, ces qualificatifs ne désignent pas la même chose. Les logements n’auront pas nécessairement la même abordabilité, ni les mêmes retombées économiques et sociales, ni la même gouvernance démocratique, ni non plus les mêmes garanties de pérennité à l’extérieur du marché privé.  Pire, l’optimisation financière pouvant être imposée comme une condition, si les programmes gouvernementaux ne sont pas adaptés, la volonté d’atteindre cette cible pourrait venir avec une plus grande dépendance du logement social aux acteurs privés dont le secteur bancaire.

Si l’atteinte à tout prix d’un pourcentage devient un prétexte pour financer des logements plus chers, il est clair que les objectifs derrière une telle cible divergent, insiste le FRAPRU. Le regroupement et ses membres identifient comme un seuil minimal pour répondre aux besoins urgents le cap de 20% de logements sociaux et communautaires. « Pour faire une réelle différence, il faut des logements accessibles financièrement dès le premier jour et pour toujours», explique Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU. « Si des partis jouent sur les mots pour y inclure des loyers à 1700$ par mois pour un 4 1/2, on ne parle pas de la même chose. Surtout la plus forte proportion de logements “hors-marché” ou “sans but lucratif” ne garantit pas à court terme qu’on tire les loyers vers le bas», insiste-t-elle.

Le FRAPRU met également les partis en garde contre la tentation de poursuivre le virage amorcé par le gouvernement caquiste qui a accéléré la mise en œuvre de politiques néolibérales en matière de logement. « Troquer l’implication de l’État pour une plus forte dépendance aux banques et aux investisseurs privés, ça veut dire plus de poids financiers sur les locataires, moins de garantie contre les hausses de loyers abusives et à terme moins de garantie pour notre patrimoine collectif » rappelle madame  Laflamme. Nous avons la capacité de réaliser un vrai chantier de logement social qui soit une réelle alternative au logement trop cher. Il faut en faire une véritable infrastructure collective, éviter d’éparpiller les fonds publics dans des mesures coûteuses favorisant les propriétaires et les promoteurs, et adopter des mesures fiscales plus justes. « Ne pas financer suffisamment de logements sociaux véritablement abordables a des coûts sociaux et économiques, il n’y a pas d’économie à faire en diminuant la contribution gouvernementale», rappelle-t-elle et donnant en exemple la crise de l’itinérance.

Enfin, même si le FRAPRU se réjouit de l’adhésion des partis qui risquent de former le prochain gouvernement à l’objectif de sortir davantage de logements de la logique du profit, le regroupement insiste sur l’importance que les partis se dotent d’objectifs chiffrés de développement de logements sociaux,à très court terme. Surtout, il leur demande de clarifier combien de ce nombre seront des logements sociaux,  accessibles financièrement pour les locataires à faible et modeste revenus, dont les loyers sont significativement moins chers que le loyer médian du marché. En matière de développement, le diable est dans les détails. Pour clarifier les choses, le FRAPRU demande aux partis en lice de s’engager clairement à abandonner le nouveau logement “abordable intermédiaire” récemment imposé par la CAQ. Le regroupement  demande aussi aux partis de se commettre en faveur d’au moins un programme dédié au logement social sous différentes formes. Selon lui, le temps est venu de mettre en place un programme de logements publics de type HLM afin de répondre aux besoins des milliers de personnes sur des listes d’attente. Jusqu’ici 2 partis, Québec solidaire et le Parti libéral du Québec, ont pris des engagements chiffrés de développement pluriannuel de logements sociaux.

Le FRAPRU invite tous les autres partis à profiter des prochains débats et du dévoilement de leurs plateformes pour clarifier leurs engagements. Il a transmis à tous les partis ses demandes d’engagement et fera le bilan d’ici la fin de la campagne. Le FRAPRU fait également siennes les revendications de la Coalition contre le logement cher en faveur de la reconnaissance formelle du droit au logement et de l’instauration d’un contrôle obligatoire des loyers et participera à ses actions et interventions autour de la campagne.