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Le FRAPRU estime que le budget fédéral ne permet pas de lutter contre la crise du logement cher

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« Comment peut-on sérieusement parler d’être maître chez nous, comme le fait le gouvernement Carney, alors qu’il présente un budget qui ne permet pas réellement de s’attaquer à la crise du logement cher qui, elle, prive des centaines de milliers de personnes et de familles d’un chez-soi adéquat qu’elles sont en mesure de se payer? ». C’est en ces termes que Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) a commenté le budget présenté le 5 novembre 2026 par le ministre canadien des Finances, François-Philippe Champagne.

Le FRAPRU constate qu’en privilégiant l’augmentation de 13 milliards $ en dix ans du capital de l’agence Maisons Canada, soi-disant pour « propulser la construction de logements abordables et hors marché », le gouvernement Carney donne encore une fois la préférence à la construction de logements, sans s’assurer de leur pleine accessibilité financière. « Construire plus de logements chers, même s’ils sont présentés comme hors-marché, ce n’est pas nécessairement s’attaquer à la crise du logement, mais continuer à l’alimenter », s’offusque la porte-parole de l’organisme. Le FRAPRU réclamait que les sommes ajoutées soient versées à de véritables logements sociaux respectant la capacité de payer des ménages locataires ayant les plus grands besoins.

À l’instar du Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec (RSIQ) et du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), le FRAPRU accueille positivement l’ajout de 11,2 milliards $ dans la lutte contre l’itinérance, mais demande que les sommes annoncées atterrissent au Québec dans le respect de son approche globale en itinérance sur laquelle repose sa Politique nationale de lutte à l’itinérance. Il rappelle aussi que, pour prévenir l’itinérance, il faut aussi des investissements suffisants ciblés vers du logement social dont des logements publics de type HLM.

Selon le FRAPRU, le gouvernement fédéral ne peut invoquer des difficultés budgétaires pour justifier son refus de réinvestir massivement en logement social. Il rappelle que le coût de sa mégadéduction à la productivité est estimé à 36 milliards $ en cinq ans et qu’il prive le gouvernement québécois d’un milliard $ en revenus annuels. « Les deux montants combinés donneraient plus de 13 000 logements sociaux par année au Québec seulement », conclut Véronique Laflamme.