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Budget 2026 : Alors que la pression monte, le gouvernement n’offre aux OCASSS que 6 500$

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La Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB) et ses membres expriment leur vive déception face à l’insuffisance du rehaussement destiné aux organismes communautaires autonomes du domaine de la santé et des services sociaux (OCASSS). En effet, le budget 2026-2027 ne prévoit que 20 millions $ pour l’enveloppe annuelle du PSOC pour la mission globale soutenant plus de 3000 organismes qui rejoignent près du tiers de la population du Québec. 20M$ représentent à peine 1% du montant de 1,7G$ revendiqué par la campagne CA$$$H (Communautaire autonome en santé et services sociaux – Haussez le financement). À ce rythme, il faudrait 85 budgets pour atteindre l’objectif fixé par le milieu.

Dans le contexte où l’enveloppe actuelle est de 955M$, n’y ajouter que 20M$ ne fait pas de différence dans le quotidien des groupes, puisque cela n’équivaut qu’à un rehaussement moyen d’environ 6 500$ par organisme pour la prochaine année.

Un budget si décevant est d’autant plus insultant qu’il est annoncé alors que plus de 1 300 groupes s’apprêtent à débrayer à partir de la semaine prochaine, à l’appel du mouvement Le Communautaire à boutte. Pour des groupes communautaires, recourir à la grève n’est pas anodin ; cela démontre qu’ils sont à bout de patience.

« La CAQ a beau se vanter d’avoir fait mieux que le gouvernement précédent, les montants accordés pendant ses mandats n’ont jamais dépassé 40M$ (2019-2020) en plus d’être en dents de scie, descendant même jusqu’à 9M$ (2024-2025). Sachant que près de 3 millions de personnes fréquentent annuellement les OCASSS et y trouvent des lieux d’association, d’accompagnement et de soutien Par-Pour-Avec, c’est carrément indécent de si mal soutenir des groupes », s’indigne Stéphanie Vallée, présidente de la Table.

Les demandes de soutien augmentent de manière exponentielle et la CAQ n’a pas agi suffisamment pour permettre aux groupes d’y répondre. Elle a laissé les conditions de travail se dégrader en n’augmentant pas significativement les subventions du PSOC. « En 2026, le salaire horaire moyen dans les groupes communautaires est aussi bas que 25$/heure. L’amélioration des conditions de travail est essentielle pour mettre fin à de perpétuels processus de recrutement et de formation de personnel. Les subventions pour la mission sont les seules permettant aux groupes de le faire. Sans elles, la population n’a pas accès au soutien auquel elle est en droit de s’attendre de la part des ressources qu’elle se donne » précise Karine Robinette, du comité de coordination de la campagne CA$$$H.

Non seulement les sommes pour la mission globale ne répondent pas aux attentes des communautés, mais l’indexation qui devrait assurer le maintien de la valeur des subventions n’est pas au rendez-vous. Le Budget démontre que le ministre des Finances a refusé, cette année encore, d’appliquer la méthode proposée par la Table et relayée par plus de 50 mémoires prébudgétaires. Cette proposition vise à baser l’indexation annuelle sur l’Indice des coûts de fonctionnement du communautaire (ICFC), lequel équivaut à un taux de 4% pour 2026. À défaut, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) n’indexera que de 2,1% les subventions du PSOC ; conséquemment, les OCASSS continueront de s’appauvrir.

En plus de mener la campagne CA$$$H, la Table répond à l’appel lancé par Le communautaire à boutte et débrayera du 23 mars au 2 avril prochains. Elle sera également présente aux côtés des groupes qui convergeront vers l’Assemblée nationale le 2 avril pour exprimer publiquement leurs revendications. « L’indignation face au budget d’aujourd’hui donne aux OCASSS des raisons supplémentaires de participer à des actions fortes, en plus d’alimenter leur motivation à porter des revendications audacieuses », conclue Mercédez Roberge, coordonnatrice de la Table.

La transformation sociale ne se fera pas sans maintenir la pression. À l’approche des élections, la Table entend multiplier les occasions de faire entendre les revendications des OCASSS, afin que le prochain gouvernement y réponde adéquatement.