
Après plus de cent jours d’attente, le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) et le mouvement Le communautaire à boutte ont finalement rencontré la première ministre Christine Fréchette le 25 août dernier. Le constat est sans appel : le gouvernement refuse d’en faire plus, alors que le milieu communautaire autonome s’écroule.
Une occasion manquée
Depuis la grève historique de près de 1 900 organismes communautaires autonomes au printemps — culminant en 10 000 personnes devant l’Assemblée nationale et une motion adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale reconnaissant l’urgence d’agir — le milieu attendait une réponse à la hauteur de la crise. À deux jours du déclenchement des élections, cette réponse n’est pas venue.
Pendant que des organismes ferment, que des services s’arrêtent, que des travailleuses — majoritairement des femmes — s’épuisent et quittent le milieu une à une, la première ministre s’est engagée à s’engager, sans y associer le moindre montant.
Nos demandes sont simples, documentées et urgentes :
- Un fonds d’urgence de 360 M$
- Une indexation annuelle selon les coûts de fonctionnement du communautaire (ICFC)
- Un plan de rattrapage financier visant à atteindre la moyenne salariale québécoise
La première ministre a refusé de répondre au cri du cœur du milieu.
Une crise qui touche tout le monde
Le communautaire autonome, c’est 4 500 organismes, près de 3 millions de personnes rejointes — une personne sur deux au Québec. Ce sont des gens bien réels qui font face à la crise du logement, à l’insécurité alimentaire, à la détresse psychologique, à la pauvreté. Et dans un contexte de crise commerciale qui frappe de plein fouet la classe moyenne — de plus en plus nombreuse à frapper aux portes des organismes — les besoins ne font qu’augmenter, pendant que les ressources s’amenuisent.
« Ce n’est pas une question de moyens, explique Mathieu Gélinas, co-porte parole du mouvement Le communautaire à boutte. C’est une question de choix politiques. Nos burn-outs sont politiques. Nos manques de ressources sont politiques. »
Le communautaire entre en campagne électorale
À l’aube de la campagne électorale, nous interpellons l’ensemble des chefs et cheffes de partis, M. St-Pierre Plamondon, M. Duhaime, M. Milliard, Mme Ghazal, Mme Fréchette : quelle est votre vision concrète et chiffrée pour répondre à l’urgence dans le milieu communautaire autonome?
« Tous les partis ont intérêt à s’engager envers le milieu communautaire, insiste Tristan Ouimet Savard, porte-parole du RQ-ACA. La société québécoise ne peut plus se permettre de laisser les groupes s’épuiser et disparaître alors qu’ils jouent un rôle central dans notre capacité à faire face aux besoins criants de la population. »
Rappelons que chaque tranche de 100 millions investie dans le communautaire génère 183,7 millions de retombées économiques pour le Québec, en plus d’améliorer le quotidien et de renforcer la résilience de nos communautés.
Le 15 et le 23 septembre, on sera dans la rue
Le mouvement communautaire poursuit ses actions. Le 15 septembre à Trois-Rivières, une manifestation nationale enverra un signal clair à tous les partis que le milieu attend des engagements structurants. Le mouvement sera ensuite dans la rue avec ses allié·e·s le 23 septembre à 18h30 devant Radio-Canada, dans le cadre du débat des chef·fe·s, pour rappeler que la population doit rester au cœur de la démocratie, campagne électorale ou pas.
Le prochain gouvernement devra répondre. Dans l’urgence et à la hauteur des besoins.