À l’occasion du débat des chef∙fes du 23 septembre 2026, des organisations issues des mouvements communautaire, syndical, étudiant, féministe, environnemental, jeunesse et de lutte contre la pauvreté se sont donné rendez-vous devant la Maison de Radio-Canada. Malgré la diversité de leurs luttes, elles portaient un même message aux chef·fes : les crises qui frappent la population exigent plus que de simples promesses électorales. Elles exigent des choix politiques à la hauteur des enjeux.
Des crises qui exigent des réponses
Crise du logement, appauvrissement de la population, crise climatique et avenir des jeunes, fragilisation des services publics et des conditions de travail, sous-financement des organismes communautaires, montée des inégalités et de plusieurs formes d’intolérance : pour un nombre croissant de personnes, ces crises ne sont pas abstraites, elles se vivent chaque jour.
À quelques heures du débat électoral, les groupes réunis ont interpellé directement les aspirant∙es chef∙fes : ces crises auront-elles la place qu’elles méritent ce soir? Et surtout, quels engagements concrets êtes-vous prêt·es à prendre pour faire face à ces défis?
Selon Serge Petitclerc, du Collectif pour un Québec sans pauvreté : « Combattre la hausse du coût de la vie ne peut pas se limiter à un slogan. Ça doit se traduire dans des mesures concrètes, notamment pour améliorer les revenus des personnes les plus pauvres, comme une hausse significative du salaire minimum et de meilleures protections publiques pour les personnes sans emploi. »
Les solutions existent : les financer est un choix politique
Les mouvements sociaux ne font pas que sonner l’alarme : depuis des années, ils proposent et portent des solutions concrètes. Leur mise en œuvre exige toutefois des investissements à la hauteur des besoins ainsi que la volonté politique d’en faire de véritables priorités.
« Malgré le haut niveau de mobilisation du milieu communautaire, un seul parti s’engage pour le moment à la hauteur de nos revendications. Pourtant, l’action communautaire autonome est un pilier du filet social québécois offrant des solutions concrètes et efficaces aux crises sociales actuelles. Ne pas prendre en compte ses besoins et ses impacts dans les communautés aux quatre coins du Québec, c’est laisser tomber des centaines de milliers de personnes », s’indigne Claudia Fiore-Leduc, du Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA)
Financer adéquatement notre filet social et les solutions portées par les communautés est un choix politique. Refuser de le faire en est un aussi.
Les élections sont une étape, pas une ligne d’arrivée
La convergence des mouvements sociaux ne prendra pas fin avec le débat, pas plus que la mobilisation ne s’arrêtera le soir des élections. Les mouvements sociaux étaient mobilisés avant le déclenchement de la campagne et continueront de l’être bien après le jour du vote, notamment dans le cadre de la Semaine de la Riposte Populaire et dans les différentes mobilisations portées par les groupes au cours des prochains mois.
La population écoutera attentivement les réponses des chef·fes autant que leurs silences. Et elle saura en tirer ses conclusions dans l’isoloir comme dans la rue.