
Après des années à offrir du soutien à la défense de droits en santé mentale indispensable à la population des Laurentides, Droits et recours Laurentides annonce aujourd’hui sa fermeture immédiate, faute d’un financement suffisant pour poursuivre ses activités.
Depuis sa fondation en 1993, l’organisme a soutenu des milliers de personnes grâce à ses services de défense de droits. Toutefois, malgré une demande croissante et un contexte social de plus en plus difficile, les ressources financières nécessaires n’ont jamais suivi la réalité du terrain.
Cette situation exerce depuis longtemps une pression démesurée sur l’équipe. Dévoué·e·s et indispensables, les travailleuses et travailleurs du communautaire œuvrent pourtant dans des conditions largement insuffisantes : salaires peu compétitifs, surcharge constante, manque de stabilité et protections limitées. Cette réalité entraîne un important roulement de personnel et un épuisement généralisé, mettant directement à risque la capacité d’offrir des services de qualité.
« Nous avons tout tenté. Nous avons optimisé, coupé, réorganisé, multiplié les demandes de financement… Mais aujourd’hui, il ne nous reste plus d’options. Nous devons cesser nos services. C’est un moment extrêmement difficile pour nous, pour notre équipe et pour la communauté qui compte sur nous », affirme Olivier Shareck, conseiller en défense de droits.
Des services qui disparaissent
La fermeture de Droits et recours Laurentides signifie la disparition complète des services suivants, pourtant nécessaires au bien-être de la communauté :
- Information sur les droits sociaux — Droits et recours Laurentides offre de l’information aux personnes qui ont ou ont des problématiques de santé mentale sur les droits et recours accessibles et relatifs à l’ensemble des droits sociaux.
- Accompagnement dans les démarches — Nous soutenons les personnes qui s’engagent dans une démarche visant la défense de droits lorsqu’elles le souhaitent, à leur rythme.
- Soutien à la défense collective des droits — Afin d’informer le plus grand nombre possible de personnes des droits et recours existants et de multiplier les défenseurs des personnes vulnérables, nous offrons des rencontres d’information et participons à diverses tables de concertation sur le territoire.
- Mise en œuvre d’actions systémiques — Nous surveillons de très près les dossiers chauds qui ont une influence sur le respect des droits. Au besoin, nous intervenons pour remettre en question le bien-fondé ou l’application de règlements, de politiques d’un établissement ou du gouvernement, etc.
La perte de ces services aura des impacts majeurs les personnes premières concernées par la santé mentale qui peuvent voir leurs droits plus que souvent bafoués et qui se retrouveront sans soutien dans un moment où les besoins augmentent.
Poisson d’avril… mais imaginez si c’était vrai.
Aujourd’hui, ce communiqué n’est qu’un Poisson d’avril, mais il reflète une menace bien réelle.
Sans un engagement clair des instances gouvernementales à financer adéquatement le milieu communautaire et à soutenir des conditions de travail décentes, ce scénario pourrait devenir réalité pour notre organisme et pour des centaines d’autres.
Le milieu communautaire ne peut plus continuer à survivre au jour le jour, au gré de budgets insuffisants et d’équipes épuisées. Nous invitons donc les décideurs à agir dès maintenant pour garantir la pérennité de services dont la population dépend au quotidien.
Parce qu’un Québec sans organismes communautaires serait tout sauf une blague.
Pour information ou entrevues :
Shany Perron
Coordonnatrice
450-436-4633
info@droitsetrecourslaurentides.org